disjoncteur de branchement

Le disjoncteur de branchement – généralités

Le disjoncteur de branchement est un appareil de commande et de protection servant de point de liaison entre le réseau ERDF et l’installation électrique d’un abonné, appelé point de livraison.

Tout ce qui figure en amont du disjoncteur est régi par la norme NF C 14-100, exclusivement du ressort des intervenant ERDF et des entreprises sous-traitantes.

Ces entreprises réalisent des travaux sur les réseaux électriques appartenant à ERDF après avoir répondu à un appel d’offre et obtenu le marché. Elles sont spécialisées et sont choisies pour leurs qualifications et leurs compétences. En somme un installateur bien qu’électricien ne peut en aucun cas intervenir en amont du disjoncteur général. Toute intervention devra passer par ERDF.

disjoncteurPhysiquement l’amont correspond à la partie haute du disjoncteur et est plombée.

L’aval (partie basse) est du domaine de la NF C 15-100 et est accessible à l’abonné.

Le disjoncteur de branchement dispose d’un réglage du seuil d’intensité permettant au distributeur de limiter la puissance absorbée par l’installation (puissance souscrite), et assure par la même occasion une protection globale de celle-ci contre courts-circuits et sur-intensités (protection magnétothermique, selon l’abonnement – 15, 30, 45 ampères …), et contre les défauts d’isolement (protection différentielle, 500mA pour une terre de 100 ohms maxi).

Dans le cas de défauts d’isolement supérieurs à 500mA, le disjoncteur de branchement pourrait couper toute l’installation avant qu’une des protections situées en aval n’aient eu le temps d’agir pour ne couper que la partie en défaut (différentiels 30mA). Arrive alors la notion de sélectivité. Pour être sélectifs les disjoncteurs de branchement doivent comporter la mention « type S », indiquant qu’ils sont retardés au déclenchement.
Dès lors, si un seul circuit de l’habitation est en défaut, l’interrupteur différentiel situé directement en amont de celui-ci coupera l’ensemble des circuits qu’il dessert avant que le disjoncteur de branchement n’ai eu le temps de couper toute l’installation.

Le disjoncteur de branchement permet en outre d’isoler l’installation du réseau électrique en le basculant manuellement, ce qui lui ajoute la fonction de coupure d’urgence lorsqu’il est implanté dans le logement.

Couplé avec le compteur électrique, ils forment ce que l’on nomme le panneau de contrôle, ou tableau de comptage.

Rappel des fonctions premières du disjoncteur de branchement :

– Il est le point de liaison entre le réseau de distribution et l’installation de l’abonné. Lui comme tout ce qui est en dessous est propriété de l’abonné, au dessus la propriété d’ERDF.

– Permet la coupure d’urgence de toute l’installation si placé dans le logement, ou simplement de l’isoler pour intervention. Dans le cas contraire un autre dispositif devra remplir cette fonction au sein du logement, disjoncteur ou interrupteur-sectionneur.

– Protection générale contre les sur-intensités, courts-circuits et défauts d’isolement de l’installation.

Types de disjoncteurs

Nombre de pôles

Il existe des disjoncteurs de branchement bipolaires (phase et neutre) et tétrapolaires (trois phases et un neutre), selon que l’abonnement soit en monophasé ou triphasé.

La grande majorité des installations domestiques est alimentée en monophasé, pour une tension de service de 230V.

Le triphasé concerne les exploitations agricoles, industries, commerces, … ou habitations disposant de matériels électriques fonctionnant eux-mêmes en triphasé. Il peut s’agir de machines tournantes (moteurs tri), de chauffe-eau, pompes à chaleur, …
La tension est de 400 volts entre phases et de 230 volts entre chacune des phases et les neutre.
Il est possible d’alimenter des équipements monophasés depuis un réseau triphasé en prenant leur alimentation entre une des phases et le neutre.

Une installation tri peut-être ramenées en mono pour notamment minimiser ses frais d’abonnement, mais il faut alors prévoir le remplacement du compteur, disjoncteur et des câbles d’alimentation. Le tableau de répartition devra lui aussi être modifié en conséquence, et bien entendu ne plus avoir de matériels triphasés à alimenter.
L’inverse est également possible mais plus rare.

Calibre

Le calibre désigne le seuil maximal d’intensité que tolérera le disjoncteur. L’intensité dépendant de la puissance absorbée par l’installation et de la tension, limiter l’intensité revient à en limiter également la puissance.

La puissance des abonnements est exprimée en voltampères (VA), unité de mesure de la « puissance apparente ». Celle-ci tient compte de phénomènes appelés « déphasages » générés par certains appareils tels que moteurs, ordinateurs, lampes fluorescentes, etc. Pour faire simple ils occasionnent des échauffements supplémentaires dans les câbles de distribution contraignant à les sur-dimensionner.

La puissance active, exprimée en Watts (W) correspond quant à elle à la puissance réellement consommée. Elle est égale à la puissance apparente pour les appareils purement résistifs (aucun déphasage) comme les ampoules à incandescence, chauffage électrique, chauffe-eau, etc.

Vous l’aurez compris, les disjoncteurs de branchement sont réglables, mais dans certaines mesures.
Les disjoncteurs ont des plages de réglage limitées du fait qu’ils devront être en mesure de résister à de plus ou moins forts passages de courant, de même pour les câbles d’alimentation qui devront être dimensionnés en tenant compte du cas le plus défavorable, à savoir le seuil de réglage le plus haut d’un même disjoncteur.

Modèles de disjoncteurs les plus fréquents par types d’abonnements

Comme nous l’avons évoqué, la section des câbles d’alimentation devra tenir compte du calibre le plus important du disjoncteur, dans le cas d’un changement d’abonnement ultérieur.

Nous aborderons plus loin la section de conducteurs puisque dépendant de leur longueur et par conséquent de l’emplacement du disjoncteur par rapport au tableau de répartition.

Emplacement du disjoncteur

Le panneau de comptage lorsqu’il est dans l’habitation doit être placé dans la GTL (voir notre article sur la Gaine Technique de Logement).

Deux cas de figure : branchement réseau ERDF
Il sera effectivement placé dans la GTL s’il est à 30 mètres ou moins du coffret de distribution d’ERDF (contenant un appareil de sectionnement ou fusibles). Il remplira aussi sa fonction de coupure d’urgence puisque qu’accessible depuis l’intérieur du logement.
Le passage du câble d’alimentation et son raccordement sera assuré et facturé par ERDF.

branchement réseau ERDFDans le cas contraire (plus de 30m) l’ensemble compteur/disjoncteur sera placé dans un coffret en limite de propriété.
Il faut dans ce cas ajouter un dispositif de coupure d’urgence au sein le logement, qui peut être un autre disjoncteur de branchement (cette fois non sélectif) ou un simple interrupteur sectionneur qui lui n’assurera aucune autre protection que l’isolation manuelle de l’installation.
C’est le client ou son électricien qui devra se charger du passage du câble d’alimentation et du raccordement côté logement.

Certains centres ERDF tolèrent des distances plus importantes pour l’intégration du tableau de comptage à la GTL. Pour s’en assurer il est préférable de leur demander une étude préalable.

Sections des câbles d’alimentation

La section des conducteurs dépend en premier lieu de l’intensité du courant qui les traverse. Plus l’intensité sera importante, plus la section devra l’être aussi.
Elle dépend aussi de la longueur des câbles. Cuivre et aluminium sont d’excellents conducteurs mais ne sont pas parfait. Leur résistance interne augmente en fonction de la longueur des conducteurs, induisant des pertes par effet joule (échauffements) et une chute tension.

Un outil permettant de calculer les pertes de tension dans une câble est à votre disposition : calcul des chutes de tension

Cet outil présente un intérêt tout particulier pour les installations comportant un ou plusieurs tableaux divisionnaires. La NFC 15-100 limite en effet les chutes de tension à 3% de la tension nominale (2% du disjoncteur de branchement au tableau principal, 1% pour les circuits en aval du tableau). L’alimentation d’un tableau divisionnaire reprise depuis le tableau principal feront se cumuler les pertes des deux câbles d’alimentation, et dans certains cas nous amener à être hors tolérance (côté tableau divisionnaire).
Il est donc important de prendre en considération l’ensemble de l’installation avant de faire le choix du câble d’alimentation générale, sa section pouvant s’avérer insuffisante.
D’autres explications ainsi qu’un exemple d’étude sont fournis à la suite de l’outil de calcul.
Il est effectivement possible d’utiliser pour la liaison avale du disjoncteur de branchement des câbles avec conducteurs aluminium qui sont moins onéreux, mais avec des sections plus importantes pour une même intensité compte-tenu de leur plus forte résistivité.

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